Embrun - 2000 ans d’histoire
Embrun est un livre ouvert qui se laisse feuilleter en flânant. Ici, tout est source d’émerveillement : cathédrale, tour de guet, remparts, demeures médiévales… Si l’histoire a façonné la ville, les lieux conservent la patine et le faste de leur glorieux passé.
Embrun de la conquête romaine à nos jours.
Quelle aventure !
Fondée par les Celtes, Embrun devient une colonie romaine au 1er siècle av. J.-C (la ville s’appelle alors Ebrodunum, probable contraction de « Eau » et « Élévation »). Stratégiquement située sur la Via Domitia reliant la Gaule à l’Italie, dominant la Durance depuis son Roc en poudingue (moraine d’origine glaciaire), la ville prospère et devient un pôle commercial et administratif important (statut qu’elle conservera jusqu’à la Révolution).
Au Moyen Âge, Embrun est une cité épiscopale influente, au point d’être considérée comme la capitale des Alpes maritimes. En 1349, elle est intégrée au Dauphiné et rejoint le Royaume de France lors du rattachement de la province à la Couronne. Puis, le vent tourne.
Aux XVe et XVIe siècles, les guerres d’Italie et de Religion dévastent la ville ; les troupes du duc de Savoie détruiront ce qu’il en reste en 1692 (Vauban ordonnera par la suite le renforcement des fortifications). Fin XVIIIe, la Révolution française porte l’estocade en mettant fin au pouvoir de l’archevêché, transformant la ville en simple chef-lieu.
Au XIXe siècle, l’arrivée du chemin de fer relance le développement économique d’Embrun en facilitant ses échanges. La création du barrage de Serre-Ponçon dans les années 60 lui offrira une nouvelle dynamique touristique.
Architecture et traditions à Embrun, un patrimoine remarquable
Embrun se distingue par ses racines millénaires, et son passé de capitale et d’archevêché dont la ville conserve quelques pépites à visiter.
Cathédrale Notre-Dame-du-Réal (XIIe et XIIIe)
D’inspiration lombarde, ce majestueux édifice religieux (le plus grand des Alpes françaises) en impose avec ses 800 ans d’histoire. Massive et colorée, son architecture surprend autant qu’elle impressionne : clocher à pyramidions (35 mètres de haut), porche richement décoré, marbre rose et marbre vert, schiste noir et calcaire blanc.
À l’intérieur (entre autres), une grande rosace et une fresque remarquables du XVe siècle, d’élégantes voûtes striées et deux incontournables : les Grandes Orgues (offertes par Louis XI) et le trésor de la chapelle Sainte-Anne.
Tour Brune (XIIe)
Tour de guet, prison, arsenal, coffre-fort puis citerne d’eau pour l’armée au XIXe siècle, cet ancien donjon des archevêques offre aujourd’hui une vue à 360 degrés sur les paysages de l’Embrunais et la vallée de la Durance depuis sa terrasse crénelée de 27 mètres de haut.
Couvent des Cordeliers (XIIIe)
Entre plafonds à croisée d’ogives et fresques italiennes (XVe et XVIe siècles), cet ancien couvent franciscain abrite l’office de tourisme de la ville dans ses quatre chapelles nord.
Promenade des bords du Roc et son belvédère
Jadis, des fortifications édifiées par Vauban ceinturaient la cité ; aujourd’hui n’en subsistent que quelques vestiges. Complétés de passerelles, ces anciens remparts offrent un parcours original dans la ville et un point de vue superbe sur la plaine, le plan d’eau, le lac et les montagnes alentour.
Visites guidées
Laissez-vous guider pour une visite-conférence passionnante (en nocturne notamment) de la ville d’Embrun et ses mystères.
Maison des Chanonges ou Maison du patrimoine Embrunais (XIIIe)
Entrez dans la plus ancienne demeure d’Embrun (après avoir pris le temps d’en admirer la belle façade romane). S’il abritait jadis les chanoines gestionnaires des biens de l’archevêque, le lieu offre aujourd’hui un espace culturel orné de plafonds à caissons (XIIIe siècle), peinture murale (1513) et plafonds à la Française du XVIIe.
Les Radeliers de la Durance
La Descente des radeliers (juin) offre une reconstitution historique célébrant l’ancienne pratique du transport de bois (les « grumes » ou troncs d’arbre ébranchés) par flottage sur la Durance (du Moyen Âge au début du XXe siècle). En costumes d’époque, ces radeliers de la mémoire naviguent comme jadis sur leurs embarcations traditionnelles. Le Pont-Neuf et la digue du plan d’eau d’Embrun (lieu d’arrivée des radeaux) offrent des points de vue privilégiés. Le métier de radelier est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.